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A entendre le nom qu’il venait de prononcer, il fut lui-meme saisit de tremblements. Il savait ce que l’évocation de ce nom allait avoir des répercutions importantes, sur sa vie et son avenir.
Son persécuteur occupait maintenant ses mains non plus à le gifler mais à tapoter frénétiquement sur son portable, comme si l’aveu de Victor était une victoire et une délivrance pour le camp ennemi.
Victor Bhudfregsky pensait maintenant à ce qu’il aurait du faire s’il n’avait pas été entrainé dans cette course poursuite. Le message qu’il cachait sous le col de sa chemise aurait du etre transmis depuis quelque temps, il savait que son contact ne l’attendrait pas et prendrait les mesures qu’un rendez vous manqué imposait : la fuite, l’oubli, le remplacement.
D’autres hommes entrèrent, le saisirent et l’emmenèrent dans un fourgon. Pas d’autres questions, aucune parole. L’aveu de son nom avait été suffisant, un nom qui évoquait l’amitié - buddy - le ciel - sky- et qui pourtant ne laissait rien présager de bon.
Victor aurait aimé qu’on lui parle, meme pour lui indiquer quelle serait la prochaine étape pour lui, savoir où ce fourgon allait l’emmener, meme s’il savait que la fin était proche.
Mais les mots ou plutot leur absence semblait faire partie de la stratégie adversaire - le silence et le non dit comme arme, quand les mots étaient la sienne.
Il entreprit de se raconter intérieurement une histoire, pour ne pas perdre la tete, le langage le sauverait, il allait mourir en se parlant à lui-meme, réconcilié.