SCRIPT | jeu

Les portes grincent et s’ouvrent sur le chauffeur italien, accent fort, odeur suave, qui nous dis montez montez. Enfin je crois. La dame se hisse sans se presser. Elle semble vouloir rattraper l’attente que le bus lui a infligé, prend bien son temps, appuie ses pieds avec silence. Le chauffeur a l’air de nous dire de nous grouiller. Elle grimpe, pendant une éternité. Moi je la regarde, je ne comprend rien, ou plutot juste ce qu’il faut. Je remarque le nez du chauffeur, qui frisse avec une pointe d’empressement. Lui, il n’a pas besoin d’en dire plus. On est en retard, mais il fait chaud. L’Italie s’alanguit dans les gestes de la vieille, de plus en plus lents.